Stop homework !

Publié le par cecilou

et oui c'est la rentrée - depuis hier pour Selva - et j'ai pris le temps de me poser quelques questions sur le thème des devoirs.
Cela fait quelques mois qu'on lui dit que cette année il y aura des devoirs à faire tous les soirs et me voilà déjà stressée rien que d'y penser alors que j'en ai pas encore vu un seul...

Heureusement j'ai vu un article en anglais sur le sujet aujourd'hui et j'ai été très surprise de voir à quel point certains américains sont anti devoirs, et si on en croit les enquêtes et études les résultats sont même pires avec devoirs que sans ! "Does homework Work?"

Voilà une cause à adopter me dis-je aussitôt.

Je parcoure rapidement le blog de Sara Bennett et son interview riche d'enseignements :
http://stophomework.com/

Mais sur la blogosphère frrançaise, pas grand chose.
Enfin si, sur un site de la FCPE : les 7 arguments contre les devoirs à la maison que je recopie ci-dessous et qui confirment tout ce que je pensais déjà après avoir suivi de + ou - loin Clara et Quentin encore.

Il me semblait important de partager cela avec vous au cas où vous souffriez déjà de ces devoirs et en attendant de voir ce que me réserve l'éducation made in Catalogne !

7 types d’arguments contre les devoirs à la maison

 

Argument légal

Il devrait être obligatoire qu'un fonctionnaire d'un service public ancré sur les principes républicains en suive les directives officielles.

Un enseignant peut-il montrer à ses élèves qu'il ne respecte pas la loi ? Le Haut conseil de l'évaluation de l'école, dans sa publication de mai 2005, “considère qu'il ne faut pas tolérer plus longtemps des dérives qui entretiennent, voire creusent les inégalités”.

Argument démocratique

“Laisser les élèves et leurs familles seuls face aux devoirs et leçons est source d'inéquité”, constate le Haut conseil de l'évaluation de l'école. En 1985, l'INRP publie un rapport de recherches (E. Tedesco, D. Manesse et S. Vari), qui montre comment le travail scolaire constitue un facteur de sélection sociale, les parents des classes défavorisées ne pouvant apporter l'aide qu’apportent les parents instruits. Les conditions matérielles sont aussi inégales (bureau ou table de la cuisine…), et les outils de documentation nécessaires sont parfois inexistants (dictionnaires, encyclopédies). Une autre recherche de l'INRP, en 1992 (F. Guiguet, L. Jaillardon sous la direction de Ph. Meirieu), confirme que le renvoi du travail personnel à la maison pénalise massivement les élèves des catégories socioprofessionnelles défavorisées, alors que ces mêmes élèves obtiennent des résultats proches de ceux de leurs camarades quand le travail est fait en classe. Philippe Meirieu, même s'il constate que certaines familles modestes apportent une aide efficace à leur enfant, souligne, dans l'introduction de son livre Les devoirs à la maison : “On n'insistera jamais assez sur le fait que tout renvoi systématique du travail scolaire à la maison est, en réalité, un renvoi aux inégalités”.

Argument sanitaire

Les élèves de l'école primaire sont jeunes, certains n'ont même que 6 ans au cours préparatoire. “Le développement normal physiologique et intellectuel d'un enfant de moins de onze ans s'accommode mal d'une journée de travail trop longue”, disait la circulaire du 29 décembre 1956. Certains élèves ont une journée plus longue que celle d'un adulte salarié (garderie, cantine, étude). Il faut noter également que les bons élèves réalisent leurs devoirs plus rapidement que les élèves en difficulté.

Argument social

La réalisation des devoirs diminue le temps de loisirs, le temps de repos, pèse sur les vacances, ce qui est particulièrement dommageable quand les devoirs sont mal choisis ou inefficaces. Les devoirs sont assez souvent l'objet d'une préoccupation de la famille, alors qu'ils restent secondaires pour l'école. Quand un élève est absent, les parents viennent en général chercher les devoirs à l'école et s'inquiètent beaucoup moins des séquences manquées pendant la ou les journées de classe.

Argument psychologique

L'élève est souvent, à la maison, pris dans un chantage affectif autour de la question des devoirs (il travaille, il mérite l'amour des siens). Pour peu que le travail autonome lui soit difficile, il manque d'ardeur, il est rendu responsable par ses parents, par le maître, qui peut aussi accuser la famille : “Il ne fait pas ses devoirs, il n'est pas suivi à la maison”. L'explication simpliste de la difficulté scolaire qui décharge le maître est retenue.

Argument moral

Le Haut conseil de l'évaluation de l'école remarque que le fait de donner des leçons et devoirs peut aussi être “guidé par des considérations d'image aux yeux des parents, voire des collègues”. Plutôt que d'expliquer les pratiques d'enseignement et la collaboration attendue avec les familles, certains enseignants prennent l'image commode du bon enseignant qui fait travailler les élèves, qui donne donc des devoirs ; dans des cas certes plus rares, on observe des enseignants en harmonie avec les représentations passéistes des parents, qui écrasent l'enfant de devoirs…

Argument pédagogique

La pratique des devoirs met davantage en avant des modèles naïfs de la réussite (l'effort, le travail), sans s'arrêter sur les conditions et les processus d'acquisition des connaissances. Les devoirs donnés sont au mieux des applications des leçons faites en classe, mais ils peuvent être aussi disparates, mal centrés sur les notions importantes. Certains exercices sont mal expliqués, ont des consignes ambiguës ; certaines recherches documentaires dépassent les capacités d'un élève de l'école primaire. Le plus souvent, l’élève a besoin de la relance d'un adulte avisé. Outre les inégalités des aides, on constate des interventions trop appuyées (c'est l'adulte qui fait l'essentiel du devoir, lequel perd alors tout intérêt) ou des oppositions de méthode entre les parents et les enseignants (les opérations, la lecture au CP…).


Publié dans :0038: Working girls

Commenter cet article

Tatanou 15/09/2009 18:48

Ouf ! Heureusement je n'ai pas à me plaindre des instits qu'a eu Félix jusqu'à maintenant et qui respectait la règle : juste des révisions orales à la maison et exceptionnellement... un peu d'écrit. Espérons que ça dure et faisons tout pour sinon.

calounette 15/09/2009 16:17

Je suis amplement d'accord !! Les devoirs devraient être interdits je l'ai toujours su !!Bon reste à trouver une machine à remonter le temps et à convaincre toutes les maitresses que j'ai eu en primaire ;-))

cecilou 16/09/2009 23:15


après 1:30 de réunion en catalan je suis un peu rassurée, a priori nous n'aurons des devoirs que le WE à rendre le mercredi suivant... ouf !